Vendredi 26 novembre – 21hDès 13 ans2,30€ / 3,80€ECPC, Gonfreville l’Orcher

Courts métrages en compétition


Free fall

De Emmanuel Tenembaum, France, fiction, 19’, 2021

 

Tom est traider dans une banque londonienne, mais ses résultats des derniers mois l’ont placé sur la sellette. Alors, lorqu’au matin du 11 septembre 2001 le premier avion percute le World Trade Center, Tom, persuadé qu’il s’agit d’un attentat et non d’un accident, se lance dans le plus gros trade de sa vie.

Le mot des jeunes : Axel

C’est un film puissant qui nous implique totalement, qui nous pousse à nous questionner, à prendre partie dans cette course contre la montre dans lequel des employés d’une banque de Londres misent contre des actions cotées en bourse alors que les tours du World Trade Center sont en train de s’effondrer… C’est le film qui m’a le plus impressionné. Avec une réalisation très minutieuse et sa mise en scène au cordeau, le réalisateur nous immerge dans un huis clos, nous rappelant au passage que le malheur des uns peut faire le bonheur des autres.

Emmanuel Tenenbaum

Emmanuel Tenenbaum est un réalisateur français installé aux Pays-Bas. Ancien ingénieur biomédical chez Philips, il collabore depuis des années avec le scénariste québécois Guillaume Fournier. Ensemble, ils ont pu créer des courts- métrages réalistes et forts sur les multinationales. Leurs films ont été sélectionnés dans plus de 150 festivals, ont reçu de nombreux prix et nominations (Vimeo Best of the Year), et ont été diffusés sur plus de 15 chaînes (France 2, Canal+, OCS). « Free Fall » est leur troisième court-métrage, et leur dernier opus avant le long-métrage.


Trou noir

De Tristan Aymon, Suisse, fiction, 29’, 2020
En présence du réalisateur

 

La rencontre, au fond d’un trou, entre un jeune skateur, Vincent, et un animal vulnérable qui le confrontera à ses propres peurs devant l’inconnu.

 

Le mot des jeunes : Romeo

C’est un film sur cette période de la vie où tout bascule, à l’âge des premiers choix ou l’avenir est encore incertain. Tristan Aymon filme avec une grande justesse le quotidien d’une bande de lycéens skateurs. La force du film réside dans cet élan naturel, chaque scène semble être la vie même de chaque protagoniste. L’insouciance de la fin d’un été entre copains fait peu a peu place à la peur du vide, de l’abandon, la perte de sa part d’enfance. Nous ne pouvons nous empêcher de penser à 90’s de Jonah Hill (que nous avions aussi sélectionné dans notre festival) , qui nous avait tant ému. Nous sommes immédiatement identifiés aux personnages.

Tristan Aymon

Tristan Aymon est né en 1986. En 2010, il obtient son diplôme à l’ECAL (Ecole cantonale d’art de Lausanne) en réalisant un court-métrage de fiction intitulé Ultima donna, primé dans plusieurs festivals européens. En 2012, il co-fonde l’association de cinéastes Terrain Vague, qui produira tous ses courts-métrages : Sortie de route (2013, co-réalisé avec David Maye), La Leçon (2016), et Trou noir (2020), qui ont tous été présentés en première mondiale aux « Pardi di Domani » du Festival de Locarno.


Confinés dehors

De Julien Goudichaud, France, documentaire, 24’, 2021
En présence du réalisateur

 

Mars 2020. Dans un Paris vidé de sa population, vidé de ses voitures, de son bruit, il reste encore une partie de la population Française qui n’a pas d’autres choix que de se confiner dehors. Jusqu’alors perçus comme des fantômes urbains, Sara, Nelson et Katia nous présentent une situation exacerbée par la crise sanitaire ? Comment continuer à survivre alors que le monde entier s’est arrêté ?

Le mot des jeunes : Esteban

Le caractère inédit, presque irréel de ce documentaire nous a énormément touché. Car tout est dans le titre : sa manière d’aborder la crise sanitaire lors du premier confinement au printemps 2020 nous plonge dans la triste réalité de la vie des sans-abris, pour qui le COVD n’est qu’un danger de plus. Comment lutter seul, au milieu du vide, contre l’ennui, la détresse, la solitude. Sans être « esthétisant », l’aspect graphique, géométrique de Paris la nuit contraste brutalement avec ces vies brisées qui subsistent dans cette ambiance de fin du monde.

Julien Goudichaud

Au-delà de sa pratique artistique en tant que street artiste, Julien Goudichaud agit aussi en tant que reporter pour le magazine d’informations le « 13h15 » sur France 2. Passionné par les sujets en marge de notre société, son regard et sa caméra se posent sur les démunies et les oubliés vivants sur nos territoires. Il propose des portraits de personnages atypiques: L’appel, Tableau spolié ou encore La famille de la jungle. Il termine actuellement son premier long métrage documentaire, Jacques, portrait d’un SDF bodybuilder nommé Jacques Sayah, qu’il a suivit pendant un an.


Ayn Levana (Oeil blanc)

De Tomer Shushan, Israel, fiction, 20’, 2020
En présence du réalisateur 

 

Un homme retrouve sa bicyclette volée. Mais celle-ci appartient maintenant à un étranger.

Le mot des jeunes : Josépha

Avec Ayn Levana, Tomer Shushan nous expose toute sa maîtrise du plan-séquence, une pratique qui sert de manière très juste le propos du film. La réalisation nous tient ainsi en haleine. Tout comme le personnage principal, Omer, nous passons d’une émotion à l’autre sans pouvoir saisir l’ampleur du drame qui se joue. Par ailleurs, les acteurs sont plus que convaincants et le malaise est alors réel. La direction d’acteurs mêlée au défi technique du one-shot font d’Ayn Levana un film remarquable et poignant.

Tomer Shushan

Ecrivain et réalisateur israélien, il est diplômé du Département de cinéma de l’École d’art de Minshar, Tel-Aviv. Son court métrage de fin d’études « Inside Shells » (2017) a été projeté entre autres à l’FIPA et au festival international du court métrage de Sau Paulo. « White Eye », son premier court métrage indépendant, a été nominé pour le meilleur court métrage aux 93e Oscars. Il a participé à plus de 100 festivals et a remporté le prix du meilleur court métrage de fiction du au festival SXSW 2020. Il développe actuellement son premier long métrage « Between the sacred and the secular » et la série télévisée israélienne « Torso ».


Sestre (Soeurs)

De Katarina Resdek, Slovénie, fiction, 23’, 2020
En présence de la réalisatrice

 

Le quotidien de trois jeunes femmes slovènes, qui doivent se défendre contre les violences masculines, avec l’espoir de s’en sortir un jour et dix commandements chevillés au corps.

 

Le mot des jeunes : Josépha

Katalina Resek fait preuve d’un réel talent de mise en scène, avec une réalisation brute et subtile à la fois. De cette esthétique très sobre se dégage une poésie frustre et bestiale parfois déstabilisante. Elle fait également preuve d’une sensibilité sans égal malgré une violence exacerbée et glaçante. Ce court-métrage compose finalement un hymne aux femmes, et à la sororité en particulier. Il s’en dégage une puissance crue qui ne laisse pas indifférent.

Katarina Resdek

Kukla est réalisatrice et musicienne. Elle a obtenu son diplôme en arts cinématographiques et télévisuels à l’Académie du théâtre, de la radio, du cinéma et de la télévision en 2014. Elle a tourné de nombreux vidéoclips, ainsi que des courts-métrages – de la fiction au documentaire, en passant par les films d’art et de mode. Ses courts métrages ont été présentés dans plusieurs festivals internationaux.